DÉPENSES PUBLIQUES OU DÉPENSES DE L’ETAT ?
On entend partout que le les dépenses publiques, et donc « le budget de l’Etat » est des 57 ou 58% du PIB. Il s’agit d’une confusion incroyable savamment entretenue . Si l’on effectue une décomposition des dépenses publiques en France et que l’on regarde les dépenses privées équivalentes dans les autres pays, on constate que les Français dépensent sur cette assiette en Public + privé 65% du PIB, les Allemands 62% et les Américains 65% aussi…
Et encore faut-il s’entendre sur « dépenses publiques » dans le cas de la France : dedans sont comptabilisées des dépenses effectuées par des mutuelles complémentaires et/ou des caisses de retraite relevant de l’Agirc-Arcco qui sont privées et ne relèvent en rien de dépenses publiques mais qui sont tout à fait comparables aux dépenses privées des assurances américaines.
Si on s’en tient aux dépenses régaliennes c’est à dire celles de l’Etat et des collectivités locales (Régions, communes, départements, en France - Lander et communes en Allemagne - Etats et communes aux USA), on arrive à 33% du PIB en France, à 30% en Allemagne, à 32% aux USA, ce qui est somme toute assez proche.
Néanmoins, sur le tableau des dépenses publiques et privées (dans le périmètre des dépenses publiques) , il apparaît que l’Allemagne est la plus vertueuse des 3, y compris sur le régalien où elle dépense 2 à 3% de moins que la France. Mais cela s’explique par deux points catastrophiques pour l’Allemagne :
- un sous-investissement chronique dans l’entretien des infrastructures et les équipements majeurs (télécoms et routes notamment)
- un sous-financement dramatique de la défense.
Bref, pousser les hauts-cris contre les dépenses de « L’Etat » en France à 58% est juste un mensonge éhonté (encore lu ce matin dans le Figaro sous la plume d’un grand PDG qui parlaît des « dépenses de l’Etat à 57% »), et c’est faire fi d’une grande partie de ces dépenses qui sont en grande partie privées (les mutuelles et les retraites cmplémentaires). Au bout du compte, il ne semble pas que les dépenses effectuées par les Français pour financer leur « welfare state » sortent des normes internationales, et il semble qu’elles représentent des restes à charge bien moindres qu’aux USA où 33% du PIB sont dépensés pour couvrir les mêmes prestations à titre privé et au final dépensent comme les Français 65% de leur PIB pour des prestations égales.
Il y a certainement 2 ou 3% d’économies à faire deci-delà, mais mettre en parallèle les dépenses publiques de la France comme étant totalement hors norme est juste une manipulation statistique éhontée.